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Jeudi 23 février 2012 4 23 /02 /Fév /2012 23:43

Unique :

Le malade est unique.   Même s’il a souvent l’impression de manquer de considération, d’être vu trop hâtivement, d’être un numéro, chaque malade que nous voyons est  unique. Chaque malade est différent de tous les autres, ne ressemble à aucun autre.  Chaque malade peut se prévaloir de son caractère unique.

 

Seul :


Si le malade vient seul, il est seul. Sinon il est accompagné par un membre de son entourage.


Si le malade se sent seul, il demande à être accompagné par les soignants.  La solitude l’accompagne souvent, et s’accentue en cas de maladie. Selon la qualité de l’accompagnement et la manière dont le malade s’en accomode, il dira qu’il s’est senti peut-être un peu moins seul, ou pas.


La confusion nait de ce que le malade n’est jamais le seul.  L’Unique, oui, mais pas le seul.  Donc pas bénéficiaire d’autant de temps qu’il le voudrait de la part de son médecin. Ni d’autant d’attention. D’où une sensation parfois de rejet, qui renforce son sentiment de solitude, qui lui donne l’impression qu’on ne le prend pas au sérieux, que l’on néglige la gravité de sa maladie, qu’on le condamne au silence.

 

 

Conclusion

En matière médicale, le malade est bien l'unique, mais pas le seul.



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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 23:50

Vingt bonnes raisons pour les médecins de prescrire toujours autant de médicaments.

  • 1-      Ils sont persuadés du bénéfice de tout ce qu’ils prescrivent
  • 2-      Ils ne sont pas critiques sur les médicaments
  • 3-    Ils ne sont pas critiques sur leurs propres prescriptions (mais le sont, par contre, et tout bas, déontologie oblige, sur celles de leurs confrères)
  • 4-    Donner un médicament, c’est une des seules manières de montrer explicitement sa capacité d’agir pour la santé du patient. Les spécialistes peuvent se retrancher derrière l’acte technique, mais pas les généralistes.
  • 5-    Ils traitent les symptômes avant de traiter les maladies
  • 6-   Ils surmédiquent les affections bénignes (traitement de la fièvre, de la toux, de la rhinorrhée, des courbatures, et vitamines, en cas de syndrome grippal, traitement de la douleur abdominale, de la diarrhée, anti-nauséeux, antisecrétoires si douleur gastrique, rééquilibration de la flore, antiseptiques intestinaux, en cas de gastroentérite virale.  
  • 7-  Ils ne se préoccupent pas de l’observance de ce qu’ils ont prescrit
  • 8-  Si un médicament est considéré comme inefficace, ou mal supporté, ils le changent
  • 9-   Ils  pensent parfois que doubler la dose double l’efficacité, par exemple, IPP double dose, 3 antibiotiques associés, virose traitée avec 5 médicaments.
  • 10-  Ils sous estiment la iatrogénicité des médicaments
  • 11-  Ils méconnaissent les interactions médicamenteuses
  • 12-  Les génériques ont bon dos, on peut leur attribuer plein de problèmes facilement.
  • 13-  Ils ne vérifient pas si des prescriptions sont redondantes, d’une ordonnance à l’autre, étant donné que chaque médecin consulté prescrit dans sa spécialité.
  • 14-  Ils rajoutent plus de médicaments sur les ordonnances qu’ils n’en retirent.
  • 15-  Ils pensent que les patients aiment prendre des médicaments.
  • 16-  Ils considèrent que c’est de la faute des patients s’ils consomment autant de médicaments : ils n’avaient qu’à pas les réclamer
  • 17-  Ils ne sont pas prêts à se battre pour expliquer que des tranquillisants et des somnifères sont délétères chez les gens âgés.
  • 18-  Ils reconduisent les traitements, y compris des traitements qui devraient être brefs ( IPP, tranquillisants, médicaments circulatoires, antalgiques…). Recopier est encore plus simple avec l’informatique.
  • 19-  Ils n’ont pas la moindre idée du coût de leurs prescriptions
  • 20-  Ils n’ont pas la moindre idée du coût des effets indésirables des médicaments qu’ils prescrivent.

 

 

Pour prolonger ce petit post, conseil de lecture: "LES SURPRESCRIPTIONS DE MEDICAMENTS"

http://www.formindep.org/Les-surprescriptions-de.html#.T0QTJvck5qc.twitter


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Mercredi 15 février 2012 3 15 /02 /Fév /2012 22:28
  1.  Le malade ne se résume pas à l'organe que vous allez lui opérer. Autour, il y a une personne.
  2. En période post-opératoire, acceptez que les petits tracas prennent le pas sur la grande maladie. Ne les balayez pas d'un revers de main.
  3. Quand vous balayez un symptôme d'un geste impatient, ou d'un silence éloquent, le symptôme peut s'accentuer.
  4.  N'occupez pas tout le temps de la rencontre à parler. Laissez le patient s'exprimer. Il a des choses à dire. Même si ses préoccupations vous paraissent accessoires, acceptez les, et répondez.
  5. Vous ne perdrez pas votre temps en laissant la parole. Des études scientifiques démontrent qu'un patient cesse spontanément de parler au bout de 2 minutes. Les études montrent aussi qu'un médecin laisse parler son patient en moyenne 15 secondes avant de lui couper la parole.
  6. Tentez cette question en fin de consultation: "avez- vous d'autres questions" ? N'ayez pas de crainte... en général, le patient répond que non,  ou bien pose une seule question précise, correspondant à ce qui  le préoccupe.
  7. Quand un patient a mal compris, c'est que vous avez mal expliqué.
  8. Comment être certain qu'un patient a compris vos explications ? demandez-lui de les restituer. Question: qu'avez vous compris? S'il n'a rien compris, réexpliquez. La seconde fois normalement, il écoute.
  9. Comprenez que les préoccupations de chaque malade sont différentes. Ne leur parlez pas tous de la même manière. Pour connaître les préoccupations d'un malade, demandez-lui !  
  10. Votre acte chirurgical vous satisfait ? Félicitez le patient, il y est pour beaucoup. Beaucoup plus que vous, non ? ..
  11. Assurez vous de la qualité de la prise en charge du patient par votre équipe
  12. Faites attention aux conversations en aparté que les patients entendent
  13. Respectez le "temps psychique" de vos malades. L'annonce d'un cancer est un choc, qui "bloque" le cerveau. Mieux vaut mieux abréger la conversation, et ouvrir la porte en proposant une autre rencontre très rapide. 
  14. Ne jamais laisser pas les patients "se débrouiller avec leur cancer" après l'annonce.  Donnez toujours un repère, nouvelle consultation avec vous, ou un de vos collègues. 
  15. Balisez le suivi. Ne laissez pas des patients repartir chez eux sans repères de suivi.

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Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 01:02

LES GENERIQUES EN 2012
Qu’est ce qu’un générique ?
 


Un médicament générique n’est pas la copie conforme du médicament de référence: 

Un générique est  un médicament qui a la même composition qualitative et quantitative en principes actifs, que le médicament qu’il copie, et dont la bioéquivalence est démontrée


En France, cette définition a été établie en 1998



Plusieurs éléments peuvent varier entre un médicament princeps et son générique :
- le principe actif : depuis 2004, les les différents sels, esthers, isomères, mélanges d’isomères, complexes ou dérivés d’un principe actif sont considérés comme un même principe actif.
- l’excipient: ceux à effet notoire qui sont présents dans les génériques doivent être mentionnés aux patients et aux prescripteurs.
- La galénique: un médicament sous forme comprimé peut avoir un générique sous forme gélule.


La substitution

Le droit de substitution  existe depuis un décret du 11 juin 1999
L’obligation de substitution concerne les médicaments prescrits sur ordonnance. Il est demandé :
-    Aux médecins de prescrire en DCI et non plus en nom de médicament. Dans ce cas, le pharmacien n’a pas le droit de donner le médicament princeps s’il est plus cher.
-    Aux pharmaciens : une obligation de substituer par le générique. Des quotas de substitution lui sont imposés, en pourcentage des médicaments qu’il délivre.

Depuis 2002, la prescription en DCI (dénomination commune internationale) devrait être faite par les médecins

Qui peut s’opposer à la substitution ?
-    Le médecin du patient : en mentionnant «  non substituable (NS) » sur son ordonnance.
o    Noter NS de manière systématique sur toutes les ordonnances est considéré comme anti-déontologique. La mention « non substituable » doit avoir une justification
-    Le patient lui-même peut refuser le générique. Dans ce cas, il ne peut alors (théoriquement) pas bénéficier de la prise en charge en 1/3 payant pour ses médicaments.


A quel moment un médicament peut il être génériqué ?
Les médicaments nouvellement commercialisés sont protégés par un brevet durant 20 ans. C’est la période légale de protection. Pendant ces 20 ans, le laboratoire a l’exclusivité de la vente. Ainsi il peut amortir les fonds investis dans les recherches.


Au bout des 20 années, la molécule tombe dans le domaine public, et peut être exploitée par d’autres laboratoires pour fabriquer des génériques.


Les laboratoires développent des stratégies de contournement élaborées afin de retarder le moment ou un médicament devient génériquable : dépôt de brevets secondaires pour prolonger artificiellement la durée de protection d’un produit, association de deux molécules déjà existantes afin de créer un nouveau médicament sous brevet...

Comment évalue t’on l’efficacité d’un générique par rapport au médicament princeps ?
Les études d’efficacité des génériques partent du postulat suivant :
« Pour avoir la même action théorique, et la même efficacité, 2 médicaments doivent être biologiquement équivalents, « bioéquivalents », c’est-à-dire avec la même concentration de molécule active dans le sang »


2 notions sont importantes à considérer : la bioéquivalence et la biodisponibilité. En effet, le seul paramètre biologique mesurable pour une molécule est sa biodisponibilité. Si la biodisponibilité est la même on en conclut à l’équivalence biologique.


Pour connaitre la biodisponibilité des molécules, on réalise des essais cliniques de biodisponibilité chez des volontaires sains. Une étude analyse toujours  24 ou 48 sujets pendant 24 heures


La biodiponibilité tient compte de
-    La fraction  de principe actif passant dans la circulation
-    Le temps de présence du principe actif dans le sang et la vitesse à laquelle il parvient dans le sang

Donc : si 2 molécules ont des biodisponibilité comparables, on conclut qu’elles sont bioéquivalentes.

La marge de variabilité du générique par rapport au médicament princeps : existe-t-elle vraiment ? 
Oui …


Ce qui est accepté dans la réalité est une marge de variabilité de produit actif dans un générique par rapport au princeps. La marge de variabilité de produit actif tolérée est  de – 20 à + 25% de produit actif.      Soit une variation de moins 1/5 à plus ¼ de produit actif par rapport au princeps.
 

 

Théoriquement malgré cette marge de produit actif, la biodisponibilité est considérée comme équivalente à celle du  médicament. En règle générale, c’est vrai, une différence minime ne change pas grand-chose. Pour la revue Prescrire (avril 2011) : Au cours d’un traitement médicamenteux de longue durée, la stricte bioéquivalence entre les différentes spécialités dispensées est rarement indispensable pour assurer sa bonne continuité … sauf dans le cas de substances à marge thérapeutique étroite, ou chez des patients en situation clinique particulière


Le problème particulier des médicaments à marge thérapeutique étroite


Il s’agit de molécules comme les antiépileptiques, certains médicaments à visée cardio-vasculaire et les traitements hormonaux notamment le lévothyrox ;


Exemple « le lévothyrox » : c’est une substance à marge thérapeutique étroite. L’ajustement de la posologie se fait sur des paliers de 12,5 μg. Une variabilité même minime de quelques microgrammes occasionne chez certains patients un déséquilibre.

Pour ces médicaments à marge thérapeutique étroite, la bioéquivalence du principe actif a été révisée, et elle est accordée pour une variabilité de -10 à +15% seulement.


Dans ces substitutions délicates, on demande un suivi plus rapproché, mais à condition que le suivi ne coute pas plus cher que la poursuite du médicament (nouvelles consultations, examens, adaptation des doses). Si le cout du suivi coute plus cher que les économies de la substitution, mieux vaut ne pas changer.


De vrais problèmes de génériques : les changements de marque


-    Les changements répétés de marque de génériques par les pharmaciens, selon les marchés et leurs médicaments disponibles en officine.
Lors d’une modification de marque de générique, une molécule de biodisponibilité différente peut être donnée. On peut passer de -25% à + 20%, ou l’inverse, soit une variation potentielle de + ou – 45 %
Plus le médicament a une marge thérapeutique étroite plus il est préférable de choisir une  marque et de s’y tenir.

-    Les changements de marque de génériques induisent aussi des problèmes de reconnaissance du médicament. Car en changeant de marque, la molécule peut changer de présentation galénique. Changement de taille, de forme, de goût sont mal gérés par les patients

-    Le générique de marque différente n’a pas le même nom. Ou bien il est en DCI, ou bien il a son nom propre. La compréhension du traitement est rendue plus difficile.

Les mythes à oublier : non, les génériques ne sont pas…
-    Moins bien fabriqués
-    Fabriqués avec moins de contrôle qualité
-    Fabriqués à l’étranger alors que les médicaments sont fabriqués en France
    50% des génériques sont fabriqués en France
-    Nuisibles aux recherches de molécules innovantes.

Le prix du générique : moins cher ?
Normalement le prix du générique est de 40 à 50% moins cher que le princeps, voire 55%


Cependant un certain nombre de laboratoires ont aligné le prix de leur médicament sur celui du générique. Il arrive souvent dans ce cas que  le pharmacien privilégie sa marge en donnant un générique


Remplacer le médicament par le générique n’est pas une garantie d’économie. Certains génériques reviennent plus chers que le médicament princeps. Notamment quand les laboratoires ont mis en place des conditionnements de 3 mois tandis que le générique reste sur des conditionnements à un mois.


Les génériques et les économies de santé
La question du prix des médicaments est une préoccupation économique et de santé publique.
Les économies vraiment réalisées par la prescription des génériques
•    1,4 milliards en 2009,
•    1,8 milliard d’euros.

Mais si si l’acceptation des génériques avait été totale, cette  économie aurait pu s’élever :  ("La mutualité Française.)
•    à 2 milliards d’euros en 2009
•    à 2,6 milliards d’euros en 2010

En valeur des médicaments vendus en pharmacie en France,  les génériques ne représentent
•    que 13,5%  en 2009
•    et 15% du total des médicaments vendus en pharmacie en 2010.

"La délivrance de génériques en France demeure l’une des plus basses du monde : 1 boîte de médicaments sur 5 est un générique, alors que l’on dépasse 1 boîte sur 2 en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis."

 

L'augmentation des génériques pour les 10 premiers médicaments en DCI remboursés par les mutuelles ferait faire un max d’économies de dépenses de médicament.
1.    Paracétamol (antalgique)
2.    Esomeprazole (anti-ulcéreux)
3.    Chondroitine sulfate (anti-arthrosique)
4.    Fluticasone/salmeterol (anti-asthmatique)
5.    Atorvastatine (hypolipémiant)
6.    Insaponifiabe d’avocat et de soja (anti-arthrosique)
7.    Oméprazole (anti-ulcéreux)
8.    Rosuvastatine (hypolipémiant)
9.    Desloratadine (anti-allergique)
10.    Budesonide/formoterol (anti-asthmatique)

 

Quel est le choix des patients (enquête Deloitte 2010)
•    67% déclarent qu’ils opteraient très probablement pour un générique par rapport à un
médicament de marque afin de réduire les coûts.
•    8% affirment qu’ils choisissent toujours un produit de marque.
•   40% estiment que les médicaments princeps sont plus efficaces que leurs équivalents génériques
•    7% considèrent que les médicaments princeps sont plus sûrs.
Il y a  du travail à faire sur la réputation.

Combien y a-t-il de génériques
Une liste des médicaments génériques a été publiée par l’AFFSAPS  en mai 2011


L’oméprazole - Mopral (7ème médicament remboursé par les mutuelles) dispose 29 génériques dans son dosage à 10 mg, et de plus de 40 dans son dosage à 20 mg. Dans la boite de 28 comprimés de médicament princeps, chaque comprimé (UCD) vaut 1,34 euros. Dans la même boite de médicament mais générique, un comprimé vaut 0,59 euro.


L’esoméprazole (Inexium) : a la même efficacité que l’oméprazole et un seul générique en mai 2011 juste après la fin de son brevet. A peine un an plus tard, 9 génériques disponibles dans son dosage à 20 mg et 9 dans son dosage à 40. A noter que le laboratoire du médicament diffuse son propre générique. Coût d’un comprimé de princeps d’une boite de 28 = 0,91 euros, contre 0,57 pour un comprimé de générique.


Pour le Spasfon : environ 20 génériques


Et le Paracétamol (premier médicament remboursé par les mutuelles en France)  : plus de 75 génériques différents, de dosages différents.



Conclusions personnelles : Les génériques : oui mais…
Oui :
-    Ne pas avoir peur des génériques : des différences d’action, certes, mais dans la majorité des cas elle a peu d’influence sur l’efficacité du médicament
-    Leur utilisation génère de véritables économies des dépenses de santé.

Mais :
-    Par contre : attention avec les médicaments à marge thérapeutique étroite : des changements infimes de dosage entrainent des conséquences sur l’équilibration du traitement.
-    Dans tous les cas, il faut insister auprès de son pharmacien pour avoir toujours le même médicament, qu’il soit princeps ou générique. Les changements de marque peuvent induire des modifications de bio-efficacité, allant jusqu’à + ou – 45%

Références utilisées pour la rédaction de l’article :

 http://www.fdn.fr/~amagnouat/metge/spip.php?article245
http://ammppu.org/wordpress/wp-content/uploads/2011/03/generiques_JB_110323.pdf
http://grangeblanche.com/2010/06/15/la-bioequivalence-en-pratique/
http://pharmacie.hug-ge.ch/ens/conferences/pb_generiques_pecub08.pdf
http://www.deloitte.com/assets/Dcom-France/Local%20Assets/Documents/Votre%20Secteur/Sant%C3%A9%20et%20sciences%20de%20la%20vie/Plaquette%20Sante%20France.pdf
http://www.afssaps.fr/var/afssaps_site/storage/original/application/567c33623e8d3c51993ad82ea4c6fa64.pdf




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Vendredi 3 février 2012 5 03 /02 /Fév /2012 23:37

 

docteur-deprime.jpg Le texte ci dessous se lit dans un silence consterné.

Il a au moins 2 vertus: apporter une preuve éclatante que nous aurons tort quoi que nous fassions ou ne fassions pas.

et se dire qu'il est mieux pour un médecin de rester naturel, de ne pas agir en pensant au risque d'être mis en cause. Car hélas, l'avocat l'emportera...

 

Par AFP le 20/01/12

defaut.jpg Le médecin qui n'informe pas le patient des risques encourus avant une opération, un traitement ou même des investigations et qui ne recueille pas son consentement, lui cause nécessairement un préjudice, estime la Cour de cassation.

Ce préjudice existe, précisent les juges, même si l'opération s'est parfaitement déroulée et n'a causé aucun désagrément.

Le médecin n'est dispensé de son devoir d'information que lorsque le patient n'est pas en état de consentir à une opération thérapeutique nécessaire. Selon la justice, le patient doit être averti de la nature exacte de l'acte exécuté, de ses risques, ainsi que d'éventuelles alternatives thérapeutiques sur lesquelles le praticien a un devoir de conseil.

La Cour a cassé un arrêt de cour d'appel qui mettait hors de cause un chirurgien parce que, même s'il n'avait pas prévenu s on patient des risques de l'opération, ces risques ne s'étaient pas réalisés et l'intervention, faite dans les règles de l'art, n'avait causé aucune complication. Elle a jugé que le patient avait préalablement droit à une information sur ce risque.

En juin 2010, la Cour avait jugé que le malade devait être averti des risques à la veille de tout acte médical, ajoutant que ni le médecin, ni le juge, ne peuvent estimer que l'information serait inutile lorsqu'une renonciation du patient n'est pas envisageable.

(Cass. Civ 1, 12.1.2012, N° 33). 


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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 00:01

Cette malade si frêle, si malade,   je vais lui faire une fibroscopie. La voici arrivée au bloc, elle est  dans tous ses états.   Etats de maladie, mais plus encore  état de mal être. Générant en elle et autour d’elle un remous de douleur morale tant elle est  hypersensible, tous récepteurs allumés, aux aguets.  Chargée de ses expériences du monde hospitalier,  pressée d’en raconter au plus vite les histoires, la fois ou l’on a confondue avec une homonyme, la fois ou elle a eu froid, la fois ou, comme aujourd’hui, une partie des papiers administratifs manquait.  Chargée de ce cancer impossible à détruire, gavée des chimiothérapies inefficaces, angoissée d’apprendre ce qu’elle pressent  déjà : le cancer a continué d’évoluer et la victoire s’éloigne un peu plus d’elle à chaque nausée.
En elle, se concentrent toutes les ondes du monde.  La cité, hors les murs,  bruisse des remous de l’argent et de la politique. Elle a peut être gagné de l’argent, ou pas. Elle a peut-être fait de la politique, ou pas. Malade, maintenant, elle est désormais la personne la plus importante du monde, le centre de l’onde. Celle qui mérite que l’instant que je lui consacre ne soit centré que sur elle. Pour les  quelques instants que nous allons partager,  je serai médecin, mais plus encore un humain dans l’humanité. Elle sera, et elle saura qu’elle est,  pour  ce moment que je consacre à sa santé, la personne la plus importante du monde à mes yeux. 


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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 00:05

Dans le prisme des revendications de qualité médicale, transparait hélas souvent l' incohérence  ce  certains médecins si robotisés qu'ils en finissent lobotomisés.

 

Cri du coeur d'un gastro, le soir au fond de l'estomac: cessez de noyer sans raison les douloureux dans les boites d'IPP . La sorcellerie n'a plus cours par les temps qui courent.

 

Si on pense à un ulcère, il faut faire une fibro tout de suite, avant d'avoir donné le médicament qui guérit 98% des lésions à 4 semaines. Si l'on évoque une tumeur, pourquoi alors faire un traitement d'épreuve ? si l'on pense que le malade n'a rien, il est inutile de prescrire l'IPP.

L'ordonnance pseudo-savante, rédigée  de préférence avec un haussement de  sourcils froncés comme un Diafoirus un peu sorcier, est une dépense de santé d'autant plus inutile qu'elle ne fait pas disparaitre les douleurs .   Passé l'effet placebo généré par le côté scientifico-médico-savant de la prescription, ce genre de traitement ne fait que reporter le problème. Fort logiquement, l'étape suivante, toujours sourcils de plus en plus froncés, et air docte de plus en moins sorcier sera le recours à 'le spécialiste'; Le spécialiste, celui qui sait rien qu'à regarder la chemise du malade, quelle douleur est tapie dessous.  Tellement déifié, le spécialiste, que le patient croit qu'il voit à travers son bide en rébellion et peut lui dire après moins de 2 minutes de consultation la raison qui le fait souffrir depuis des semaines, ou mois. Tellement déifié, le spécialiste, que le patient attent impatiemment qu'on aille voir dans ses entrailles pour visualiser ce mal qui le ronge, et l'en débarasser sur le champ. Au moins, trouver cette fameuse bactérie, l'hélicobacter pylori, qui constituera l'épine irritative que l'on recherche depuis si longtemps garante de la cristallisation des maux.

 

Sauf... sauf que tous ces gens, ceux qui viennent faire des fibros apès avoir consommé des tonnes d'IPP inefficace, ceux qui sont bercés par l'illusion savamment entretenue par des médecins ignorants du pourquoi et de l'interêt de l'éradication de l'helicobacter pylori, ils ne sont pas prêts de cesser leur complainte... docteur, j'ai mal à l'estomac, cherchez dans mon ventre, cherchez dans mon moi ce qui se passe.

Car docteur, ce que j'attends docteur, c'est qu'on m'explique.

 

Pauvres docteurs, n'assumant plus de dire: je ne sais pas, se sentant obligés de prescrire n'importe quoi à n'importe qui. Quoi de mieux qu'un IPP, médicament réputé puissant et avec si peu d'effets secondaires pour s'en tirer à bon compte ...


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