Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 23:14
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Deux petites mamies croisées dans la rue cet après-midi, me font évoquer  ma propre vieillesse.

vieille-charrue.jpg De même que l’on ne s’imagine jamais malade, on ne s’imagine pas non plus vieux. Un peu vieux éventuellement, mais jamais autant que ces 2 petites dames qui se suivaient à un mètre d’intervalle. Toutes petites, légères comme des plumes, un peu voutées, une aux cheveux blancs et l’autre du roux caractéristique des coiffures de vieilles dames teintes. Mes yeux ont accroché successivement 2 paires d’yeux bleus délavés, ne me regardant pas, imperméables au monde extériéur, concentrés sur la marche, surement pour ne pas buter sur un obstacle.

Je peux m’imaginer vieille, mais pas vieille comme ça. D’abord, je n’aurai jamais l’air vieux. Et j’aurai le regard vif, je marcherai d’un pas alerte. Je serai une vieille dame souriante, active, joyeuse même. J’aurai enfin assumé mes cheveux blancs , serai toujours pimpante, arrangée, je ne sentirai jamais mauvais.

Et puis, vieille dame, je ne me plaindrai jamais. Parce que c’est insupportable, un vieux qui passe son temps à se lamenter d’être vieux. Après tout, il a passé autant de temps jeune que les autres, et vivre vieux est encore le seul moyen de rester vivant. Autant ne pas pleurnicher, d’autant qu’il reste peu de temps quand on est vieux. Alors, vieille dame, je profiterai du temps présent, j’habiterai avec de la vie chaque jour qui m’est encore donné de vieillir.

Je serai souvent seule, comme tous les vieux. Mais aussi beaucoup entourée, parce que mes enfants et petits enfants trouveront chez moi un coin de repos, d'écoute, de confidence, de tendresse, de sérénité . Alors ils viendront volontiers vers moi  et pas à reculons. Je serai toujours contente de les voir, de les recevoir, d’aller chez eux, et ne grincherai jamais qu’ils partent déjà ou ne viennent pas assez souvent me rendre visite.

J’aurai des activités associatives. Par exemple m’occuper des enfants du quartier après l’école, contribuer à la santé d’une manière ou d’une autre. Par exemple, je pourrai faire de l’éducation à la santé auprès de différentes populations.

Je cultiverai un potager dans mon jardin, et surveillerai attentivement la croissance de mes légumes, la maturation de mes quelques fruits. Je cusinerai, bien sur, notamment des confitures maison...  depuis longtemps je considère que la confiture maison fait partie des impondérables de l’état de grand-mère. Peut-être on m’aura offert une belle marmite en cuivre, sinon, je m'achèterai ce cadeau .

Retourner  le potager sera l'occasion de bouger, et donc bon pour mon vieillissement physique. Parce que ce serait dommage de faire la gym du  cerveau mais pas celle du  corps. On doit penser à entretenir autant, voire plus son corps de vieux, et se garder attentif à la charpente. Pour ne pas être qu’un cerveau qui marche sur un corps délabré faute d’entretien.

Je n’aurai pas de maladie, ou alors des maladies qui ne se voient pas, ou ne m’empêcheront pas de mener ma vie positive. Des douleurs, de la tension, voire du diabète (mais si je peux éviter tout ça, encore que les douleurs j’ai déjà commencé très jeune..). Un petit cancer curable, comme celui que j’ai déjà eu, mais pas de chimio lourde. Ou alors un traitement lourd, mais court. Je m’en accomoderai sans me plaindre. Pas d’accident vasculaire. Encore moins l’alzheimer.  En entretenant  mon cerveau, je risque moins l’atrophie normalement. Et puis, mes lunettes seront de plus en plus fortes, mais je pourrai encore lire, parce que si je ne vois plus, ce serait un manque plus que cruel pour moi, qui m’obligerait à réviser ma conception de ma vieillesse, je ne la conçois pas sans lire.

Quelle est ma plus grande peur à l’idée de la vieillesse ?

J’ai peur de ne pas vieillir. Ne pas vieillir m’empêcherait définitivement de devenir un jour une vieille dame bien vieillie. Par conséquent, (comme beaucoup de ceux déjà une fois atteints d’une maladie grave), je suis contente de vieillir. 

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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 00:14
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Si j’avais mémorisé le nom de cette patiente rencontrée une seule fois, j’aurais eu une bouffée délirante juste en découvrant la liste des consultants du jour.

Comme tout médecin, je ne comprendrai jamais la raison qui pousse certains à vous engueuler, à vous certifier que vous êtes un mauvais médecin, incapable de les soigner, puis à revenir vous voir. Une sorte de plaisir morbide chez certains, c’est évident. Mais ce matin, la nouvelle consultation ne relève pas de cette démarche. Du moins, je ne pense pas.

L’incroyable est sous mes yeux. La revoici ce matin dans mon bureau. bobo.jpg Accompagnée cette fois ci de ses 2 fils, et fort heureusement pour moi, pas de son irascible et détestable belle-fille, celle qui m’avait traitée en décembre dernier de raciste au moment ou j’insistais pour être réglée d’une consultation ou j’avais eu la gentillesse de les prendre malgré un retard conséquent.  l'histoire est la: L'argument qui tue l'échange... vous êtes raciste


Cette famille de délire et en délire m’avait pourtant assurée en décembre dernier qu’ils regrettaient d’être venus consulter un médecin comme moi, étant donné mon incapacité à  trouver en une consultation la cause des douleurs de la vieille mamma de 74 ans, méditerranéenne qui se plaint depuis d’interminables années, et a fait de très nombreux examens, tous normaux.


Personne ne sera surpris : Mme N a toujours les mêmes douleurs.


Tous seront étonnés de  son "parcours de soins" depuis 5 mois : elle est venue 5 fois aux urgences, amenée par sa famille, pour douleurs. Elle a été hospitalisée une semaine en Mars, suite à un épisode de tachychardie. Quelqu’un ayant imprudemment lâché l’hypothèse d’un ulcère, elle a vu en consultation un autre gastro que moi, et réalisé une fibroscopie gastrique, que son fils aurait bien omis de me signaler si elle ne figurait dans le dossier médical de la clinique. Car l’objectif avoué de la consultation de ce matin, c’est qu’ils se sont persuadés que c’était un ulcère. Rien ne sert de leur affirmer que la fibroscopie normale de 3 semaines auparavant suffit à éliminer ce diagnostic.

La vieille dame un peu fripée me renvoie pourtant un visage reposé,  celui d’une vieille dame qui ne semble guère souffrir. Comme elle ne parle pas le français, j’étalonne sur une échelle visuelle.  L’examen abdominal ne génère aucun cillement, pas de crispation faciale,  sa placidité reste  intacte même au palper appuyé.

douleur.jpg Je ne nie jamais les douleurs des patients, mais là, quand même, ça sent encore trop fort la colopathie fonctionnelle et surtout les véhémentes récriminations de son fils me confirment qu’il a mal des douleurs de sa mère, plus qu’elle-même. Le substratum number one de cette douleur ne serait-il pas de garder l’attention de la famille au niveau espéré ? .

Seulement, le problème est  strictement superposable à la précédente consultation. Comment s’en sortir ? Car, à nouveau je tente une explication, qui me vaut de me faire une nouvelle fois incendier.

Alors, comble de lâcheté, je réalise qu’un examen ne semble pas avoir été pratiqué jusqu’à maintenant, une coloscopie. Le plus probable est qu’il a été pratiqué ailleurs, et que je l’ignore, mais tant pis.

Allez, va pour une coloscopie !   lache-copie-1.jpg

Question traitements, on pourrait tenter ? En fait, non… elle a déjà  une ordonnance de 17 médicaments qui comprend des antidépresseurs, un antispasmodique, un antiulcéreux, un produit pour le transit, et du paracétamol,  je ne vois guère comment y rajouter le médicament miracle. En donner à son fils, peut-être, puisque c’est plutôt sa douleur de voir sa mère se plaindre qui le fait sortir de ses gonds.

Miracle de fin de consultation : ils ont réglé, et cette fois, sans me hurler dessus.

Je m’améliore, non ?

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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 00:02
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Je veux bien tout faire pour améliorer votre santé,

mais parfois,

chers patients,

vous ne m'aidez pas...

 

 

Ah, il fallait apporter les résultats des examens ?

J’ai fait des prises de sang, mais c’est « tout » normal.

o   Mais tout quoi ? c’est la question

o   Ben, tout, tout, docteur…

-  L’examen avec le balai sur le ventre, ah oui, je l’ai fait hier.  Y vous l’ont pas envoyé ?  

-  Je suis allée aux urgences, mais ils ne m’ont pas guéri.

Je suis allé aux urgences mais ils m’ont pas dit ce que j’avais et j’ai toujours mal.

-  Docteur, vous ne voulez pas appeler le labo pour obtenir les résultats ?

o   d’accord, c’est quel laboratoire ou vous avez fait vos analyses ?

o    Euh, je me souviens pas …  

-  Je prends des comprimés pour la tension, le diabète, le cholestérol.

o   L’ordonnance ?

o   Ah vous vouliez la voir ?

-  J’ai eu un truc à la thyroide, au cœur, au poumon, etc

o   Quoi, au juste ?

o   Je sais pas moi, le docteur il m’a pas dit.

-  J’ai mal au ventre.

o    Bon, ça tombe bien, vu que vous êtes chez le gastro.  Vous avez mal ou, au juste ?

o   Partout !

-  1ère minute de consultation : J’ai mal au ventre, mon généraliste ne sait pas pourquoi , c’est pour ça qu’il m’envoie chez vous … phrase suivante :  qu’est ce que j’ai ?

-   C’est normal que ça me brule quand je mange des piments ?

-   Qu’est ce que je peux manger ?

-   Il y a 5 ans, j’ai mangé des salsifis et depuis j’ai mal au ventre.

-    Aviez vous de la fièvre

o   J’avais chaud

o   Mais vous avez pris votre température ?

o   Euh, non !

-    Vous avez maigri ?

o   Je ne sais pas …

o   Quel poids faites vous habituellement, que l’on compare

o   Je ne sais pas ..

-   Pourquoi j’ai ça ?

-   Je ne comprends pas, avant j’avais rien

-    Je suis en retard au rendez vous à cause des encombrements

-    Je suis en retard au rendez vous, mais en fait j’avais compris 16h45 au lieu de 14 heures. C’est surement votre secrétaire qui s’est trompée.

-    Pourquoi je ne suis pas venue au rendez-vous  de  la semaine dernière ? Ah, bon, j’avais pris rendez-vous la semaine dernière ? me souviens pas !

-    Cela fait 3 semaines que j’ai mal, il faut que je vous voie aujourd’hui.

-    Docteur,  prenez moi « entre deux » (soit dit en aparté, ça ne vous prendra que 5 minutes de me voir une demi-heure… )

 

 

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Samedi 21 avril 2012 6 21 /04 /Avr /2012 23:28
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When doctors are incorrect in their prognosis

of terminal illness

2725326022_small_1.jpg

 

 

A lire sur ce site , ce texte qui confirme que les médecins se trompent dans 80% sur le pronostic de leurs patients atteints de maladie grave,

 

C'est quand même réconfortant de lire que nous nous trompons par optimisme, c'est à dire nous accordons dans 65% des cas plus de temps potentiel au malade qu'il n'en a en réalité.

 

Et puis on s'attache aux patients, cela se traduit par un taux d'erreur pronostique bien plus important quand nous connaissons bien le patient. D'ou, peut-être,  l'intérêt potentiel du regard neuf d'un autre médecin quand vient le moment de proposer des soins palliatifs. La décision est lourde et difficile pour celui qui suit de longue date et connait le patient, et il sous estime le stade évolutif, du fait de la dose d'affectif qui s'est développée dans leur relation.

 

 

Comme quoi, la mort choisit son moment, et ce n'est pas encore le médecin qui saura prédire  quand...

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Samedi 21 avril 2012 6 21 /04 /Avr /2012 22:35
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Du cancer ... aux cancers

Le cancer... n'est plus un ennemi simple et unique,  relevant d'une lutte identique chez tous les malades...

 

Les génomes et les caractéristiques moléculaires des cancers sont diversifiés, ça commence à se savoir, grâce aux progrès de l'analyse génétique, et aux banques d'échantillons tumoraux.

 

Cette diversité des cancers du sein est le sujet de l'étude METABRIC (Molecular Taxonomy of Breast Cancer International Consortium). 2000 tumeurs,  sur lesquelles a porté l'analyse en parallèle des caractéristiques moléculaires  et du devenir clinique des femmes atteintes, notamment leur âge au diagnostic et leur survie.

Ainsi, ce n'est plus un cancer du sein, mais 10 cancers différents qui ont des particularités cliniques et évolutives différentes. Et surtout, des réponses thérapeutiques,  particulières à chaque empreinte moléculaire. Complétée par la recherche de récepteurs hormonaux présents ou non à la surface des cellules cancereuses, que l'on connait et utilise déja ( récepteurs aux oestrogènes, à la progestérone, et récepteurs Her2), les traitements pourront être adapté à chaque cas. 

Bentôt le test PAM 50 pourra examiner 50 gènes différents, de manière à déterminer une empreinte génétique de chaque cancer du sein. Une cartographie moléculaire spécifique d'un cancer, à laquelle répondra le traitement le plus adapté, de manière à améliorer le pronostic de cette maladie.

 

 

The ten ‘clusters’

Here’s an overview of the characteristics of each of the clusters identified:

Cluster Outlook Copy number defects Comparisons and other notes
1 Intermediate Chromosome 17 ‘Luminal B’-like, generally ER+
2 Poor 2 x faults on chromosome 11 Mixture of luminal A&B
3 Good Very few ‘Luminal A’-like
4 Good Very few, mainly immune system genes High levels of immune cells in tumour
5 Extremely poor Chromosome 17 (Her2 gene) Mixture of ‘Luminal B’ and ‘Her2’
6 Intermediate Region of chromosome 8 deleted ER+, generally Luminal
7 Good Chromosome 16 Luminal A
8 Good Chromosomes 1 & 16 Luminal A
9 Intermediate Ch 8 and/or 20 Luminal/ER+
10 Poor 5-year outcome; good long-term outcome if alive at 5 years Chrs 5, 8, 10 and 12 Bas

 

Publication Avril 2012 dans la revue Nature

Résumé sur le site de la revue : ici

une synthèse assez complète: par la.

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Lundi 9 avril 2012 1 09 /04 /Avr /2012 23:28
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Point de vue d'un gastroentérologue qui essaie de faire la part des choses

 

La Haute Autorité de Santé, entérine le fait  que le dépistage organisé du cancer prostatique de toute la population masculine de 50 à 75 ans par un dosage de PSA , c’est non ! Il n’en va donc pas pour la prostate  comme pour le dépistage du cancer colique, et de celui du cancer du sein.

L’association Française des Urologues (AFU) rétorque que la HAS exagère. Selon elle, le dosage du PSA a un intérêt pour dépister des cancers précoces à un stade curable, quand ils n’ont pas dépassé la limite de la glande.

Eh bien, non rétorque la HAS, car de nombreux patients sont ainsi soumis à des investigations répétées par biopsies, puis traités trop précocement et pâtissent de traitements dont ils n’auraient peut-être même pas eu besoin si une simple surveillance avait été instaurée, ou bien si on n’avait rien dépisté du tout.

Mais dit l’AFU, quand on dépiste 1055 hommes et que l’on en traite 37, on évite 1 décès par cancer de la prostate.  Eh bien alors, répondent en cœur les partisans de l’abstention, soutenus par ceux de la revue Prescrire et du collectif "Touche pas à ma prostate".. en terme de santé publique, c’est pas le top niveau de la rentabilité diagnostique !

Les uns disent que dépister le cancer de la prostate n’en fait pas baisser la mortalité globale. Donc, pas d’intérêt de santé publique, la encore. Les autres allèguent qu’au contraire la mortalité par cancer de la prostate chez l’homme a beaucoup baissé ces dernières décennies.  Mais ne serait-ce pas un effet de l’amélioration des traitements, plus que de l’influence d’un dépistage organisé ?

Et puis, affirme l’AFU, quand on dépiste de petits cancers, la simple surveillance de petits cancers est maintenant un traitement en soi, décidé en réunion de cancérologie.  Oui, mais est-ce généralisé ? Et est-ce tenable ? Combien d’hommes se sachant  atteints d’un cancer supportent longtemps une simple surveillance ? Au contraire, cela ne pousse t’il pas à un traitement trop précoce, avec les conséquences délétères des thérapeutiques, comme l’impuissance ou l’incontinence  post-chirurgicale, ou les séquelles des rayons.

Mea Culpa, entend-on au loin..  c’est le Dr Richard J Ablin, l’inventeur du dosage du PSA, qui se repend et se reprend. Mon test  trop imparfait est un désastre de santé publique, et un gouffre financier. Depuis que je l’ai inventé en 1994, personne n’a réussi a se mettre d’accord sur une valeur seuil qui devrait déclencher des investigations. 2 disent les uns, 4 disent les autres, 10 pour les partisans de la simple surveillance, élévation progressive des taux proposent encore d'autres.  Les médecins prescrivent trop facilement le dosage  de PSA, mais après… que faire ?

D’un côté un groupe de travail HAS, comportant d’éminents épidémiologistes et statisticiens, mais aucun urologue. De l’autre côté un communiqué de l’AFU rédigé par les urologues de l’association. La rigueur scientifique de l’analyse des papiers, la motivation médicale au contact des patients.   Derrière tout ça, des intérêts. Celui de la collectivité qui considère le dépistage comme non rentable en terme de santé publique, celui de l’urologue qui n'imagine pas se retrouver sans dépister et donc sans surveiller, sans biopsier, sans opérer, les  petits cancers de ses patients.

Pour épiloguer, 2 conclusions parallèles dont on ne voit pas bien ou et comment elles vont se rejoindre:

- Pour la HAS : Pas d'opportunité de la mise en place d'un dépistage systématique du cancer de la prostate par le dosage du PSA

- Pour L’AFU, en guise de réponse pirouette, la pratique du dépistage individuel par le PSA ne doit pas être remise en question .

Ou l’on voit que la HAS a porté le coup de grâce au dépistage systématique et que l’AFU se bat  sur la notion de dépistage individuel.

Encore des débats en perspective sur un sujet qui reste donc polémique.

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Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 11:44
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Comment nous, les médecins, arrivons nous à soigner encore dans de telles conditions ?

Si on parle beaucoup des conditions de travail des généralistes et de leurs multiples tâches extra-médicales, j’aimerais dire aussi  un mot sur les spécialistes exerçant dans les établissements privés.

Le privé, parce que je le connais mieux. Mais j’attends des praticiens de l’hôpital public qu’ils apportent leurs commentaires à ce post, la bataille public-privé n’ayant pas lieu d’être pour ce sujet : dans les 2 cas, nous sommes les esclaves minuscules de petits chefs et d’administratifs outrepassant leur pouvoir, surestimant leurs compétences, et qui nous rendent la vie impossible.

Annulation de vacations au dernier moment, absence de réponse aux demandes de changement d’horaire formulées plus d’un mois avant, et une rengaine : j’ai mon personnel à gérer… oui, mais moi, je gère des patients, et dans le privé, comme dans le public, les patients génèrent le financement  qui va servir à payer le personnel , non ?

Gestion des urgences sur le fil du rasoir. Un malade de plus, à opérer, ou dans mon cas à endoscoper. D’un côté on nous impose une permanence des soins obligatoire, de l’autre d’interminables négociations pour « caser » un patient en plus. Négociations extrêmement consommatrices d’énergie médicale.  Conditions de travail franchement limites pour le praticien, qui doit adapter sa présence aux horaires qu’on lui impose, voire travailler, ce qui est le cas pour les endoscopies d’urgence, avec du personnel non formé à ces techniques. Faut- il nous faire expier à ce point que des patients aient le mauvais goût de ne pas prendre rendez-vous 3 semaines avant pour une occlusion ou une hémorragie digestive ? 

Réunions médicales déplacées, voire annulées, au motif que la Direction avec un grand D a des réunions plus importantes et a besoin de la salle… qui aurait cru, un jour, qu’on en arriverait- la ? .

La liste des réunions s’allonge un peu plus chaque jour.  Certes, quelques indispensables réunions médicales, autour des dossiers des patients :  RCP, staffs de spécialité…  Mais à côté,  CME, RMM , Clud, CLIN, Comedims, EPP, Comité des vigilances, recherche clinique,  préparation des accréditations, accréditations, réunions de réseau, 3C, Coviris, CLAN, CRUQPC,  ARS, URML, et j’en oublie. Présence médicale indispensable, voire exigée, mais dans le privé bénévole.  Lutte permanente entre la tendance des administratifs de base à positionner tout cela durant les heures de « leur » boulot, qui sont justement les heures de consultation et d’actes des praticiens. Réunions finalement coincées sur les heures de déjeuner et les fins d’après- midi. Résultat : sandwich tous les midi, soirées passées dans les établissements, jusqu’à 2 ou 3 par semaine, parfois un buffet le soir, sinon ventre vide jusqu’à pas d’heure.

Ce coup de gueule, voire de découragement n'a pas de morale, ni de conclusion. Que sommes nous devenus ? . Je vous laisse écrire la suite…

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Présentation

A propos de moi

Je suis médecine spécialiste libérale en banlieue parisienne dans une zone même pas défavorisée et surdotée en médecins.


Membre de la cohorte des innombrables médecins de plus de 50 ans (mais de moins de 60). Ceux dont vous ne savez pas comment vous allez vous débrouiller le jour ils prendront tous leur retraite au même moment..

 

Mon implication sur un très grand forum de patients, m'a conduit à m'intéresser de plus en plus à la e-santé, à l'éducation thérapeutique, mais également aux difficultés du corps médical.

 


 

De nombreux bloggeurs préparent d'avance leurs textes. Personnellement, j'écris plutôt quand vient l'inspiration, généralement sur un sujet qui m'a marquée, ou sur lequel j'ai réfléchi et que j'ai envie de traduire en mots.  Et je m'énergise, comme les autres, grâce aux perfusions de commentaires... 

 

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